« Voix d’or », selon Victor Hugo, «Reine de l’attitude et Princesse des gestes», pour Edmond Rostand, elle a été adulée pour sa voix et ses talents de tragédienne. Star internationale, elle a vécu ses rôles et son existence en femme indépendante et moderne.

Une enfance solitaire

Septembre ou octobre 1844 ? Sa date de naissance restera à jamais incertaine, l’acte officiel ayant brûlé durant la Commune en 1871.

Rosine-Sarah Bernard naît dans la capitale, d’un père dont on ne connaît la véritable identité, et d’une mère d’origine juive hollandaise.

Courtisane de profession, celle-ci ouvre salon, mène vie mondaine et voyage, délaissant sa fille, qui est placée en nourrice en Bretagne.

Une vocation de comédienne

De retour quelques années plus tard à Paris avec sa nounou, Sarah y retrouve sa tante. Amant de cette dernière, le duc de Morny, par ailleurs demi-frère de l’empereur Napoléon III, prend la jeune Sarah sous son aile, et l’inscrit dans des institutions religieuses.

Elle y découvre le théâtre et sa vocation de comédienne. Elle change son nom en Bernhardt.

Admise au Conservatoire d’Art dramatique de Paris en 1859, elle y reste trois ans, puis entre à la Comédie-Française, qu’elle quitte peu de temps après, suite à un différend avec une autre actrice.

Elle part alors en Belgique, y rencontre le prince Henri de Ligne avec lequel elle aura un fils, Maurice Bernhardt.

Une vie de star internationale

A vingt ans, Sarah entre au théâtre de l’Odéon et s’imprègne du répertoire classique. Elle y restera sept ans. Elle côtoie des écrivains comme George Sand et Alexandre Dumas, qui lui offre le premier rôle féminin de Kean (1868).

En 1872, elle triomphe dans Ruy Blas de Victor Hugo. Elle réintègre alors la Comédie-Française, où elle excelle dans les pièces classiques et contemporaines.

« Il faut haïr très peu, car c’est très fatigant. Il faut mépriser beaucoup, pardonner souvent, mais ne jamais oublier ».

En 1880, Sarah Bernhardt quitte définitivement la Maison de Molière, et crée sa propre compagnie théâtrale. Elle effectue de longues tournée sur les cinq continents, devenant ainsi une véritable star internationale.

Elle vit totalement ses rôles: son art de la pose, son interprétation lyrique et sa diction tragique enthousiasment tous les publics.

À son retour à Paris, elle est millionnaire. Elle achète un théâtre mais s’y ruine avec des mises en scènes luxueuses. Puis elle repart en tournée et refait fortune.

Ayant compris l’importance de la réclame, elle met en scène chaque minute de sa vie, et use de sa célébrité pour faire la promotion de produits de consommation.

De retour à Paris en 1893, elle prend en 1898 la direction du théâtre de la Renaissance (actuel Théâtre de la Ville), et remonte ses plus grands succès.

Une fin tragique

En 1900, elle se lance dans le cinéma, joue dans une douzaine de films, dont deux autobiographiques. En 1903, Thomas Edison l’enregistre sur cylindre dans une lecture de Phèdre, afin de promouvoir son spectacle.

Victime d’une luxation au genou non soignée, elle est atteinte de gangrène. On lui ampute la jambe droite en 1915.

Elle continue cependant à jouer sur scène (assise) jusque peu de temps avant sa mort.

Alors qu’elle tourne dans un film écrit par Sacha Guitry, « La Voyante », elle meurt d’une insuffisance rénale aiguë, le 26 mars 1923.

Elle est enterrée au Cimetière du Père Lachaise, après des obsèques nationales.

ANECDOTES

Elle est l’héroïne posthume d’un album de Lucky Luke, dans lequel la comédienne en tournée aux États-Unis croise le célèbre cow-boy.

Elle est l’une des très rares artistes français à avoir son étoile sur le Hollywood Walk of Fame à Los Angeles. Jean Cocteau invente pour elle l’expression de « monstre sacré ».

BIOGRAPHIE

1844 : Rosine-Sarah Bernard naît à Paris.

1859: elle est admise au Conservatoire d’Art dramatique de Paris.

1864 : elle intègre le Théâtre de l’Odéon et y joue Kean (Alexandre Dumas) et Ruy Blas de (Victor Hugo).

1872 : elle rejoint la Comédie-Française, et y joue Le Mariage de Figaro (Beaumarchais), Andromaque et Phèdre (Jean Racine).

1874 -1875 : elle use de ses charmes auprès de députés, « pour se faire une situation», selon le « fichier des courtisanes » de la Préfecture de police de Paris.

1880 : départ de la Comédie-Française et débuts de tournées mondiales.

1882 : elle se marie à Londres avec Aristides Damala, un acteur d’origine grecque. Leur relation sera courte, mais ils resteront époux légitimes jusqu’à la mort de l’acteur en 1889.

1898 : elle prend la direction du théâtre de la Renaissance (actuel Théâtre de la Ville).

1900 : elle effectue ses débuts au cinéma.

1915 : elle est amputée de la jambe droite.

26 mars 1923 : elle décède à Paris et sera enterrée au Cimetière du Père Lachaise.