Femme fatale au cinéma, chanteuse à la voix grave, star de radio… Outre ses multiples talents, Marlene Dietrich a marqué par son apparence androgyne et glamour. Elle contestait toutefois l’émancipation et l’intelligence des femmes.

Fille de l’officier prussien Erich Otto Dietrich, et de Joséphine Felsing, Marie Magdalene Dietrich naît en décembre 1901 à Berlin. Son père meurt alors qu’elle a 7 ans.

A 11 ans, elle prend le prénom de « Marlene ». Sa mère se remarie avec un officier de cavalerie qui adopte ses deux filles.

Attirée par la musique et le chant, Marlene Dietrich apprend le violon. Son beau-père est tué pendant la première guerre mondiale, elle n’a que 15 ans.

Envol avec l’Ange bleu

Après ses études en internat à Weimar, où elle apprend le français et l’anglais, elle suit des cours de théâtre. Elle gagne sa vie en jouant du violon dans des concerts et en chantant dans les bars.

En 1922, elle débute dans des petits rôles au théâtre, puis au cinéma en 1923. Cette année-là, elle rencontre Rudolf Sieber, un réalisateur de films américains qu’elle épouse. En 1924, ils ont une fille, Maria Elisabeth Sieber.

Je m’habille pour l’image. Pas pour moi, pas pour le public, pas pour la mode, pas pour les hommes.

A la fin des années 1920, elle enregistre ses premiers albums de chansons. En 1929, elle tourne son premier rôle important dans le film allemand L’Énigme.

La même année elle joue dans L’Ange bleu, qui lance sa carrière.

Déploiement de talents multiples

En avril 1930, elle part pour Hollywood, engagée par la Paramount Pictures, pour concurrencer l’actrice suédoise Greta Garbo.

Son premier film américain Cœurs brulés, sort sur les écrans, elle est pré-selectionnée pour les Oscars.

Dans les années 1930, elle connaît la gloire, enchaîne les films et écrit des chansons qui seront de grands succès. Elle devient une star de radio.

Anti-nazie affirmée, elle s’installe officiellement aux États-Unis et prend la citoyenneté américaine. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle chante pour les troupes américaines, aux États-Unis, en Europe et en Afrique. Sa chanson la plus célèbre reste Lili Marlene.

Dans les années 1950, elle est décorée pour sa participation à l’effort de guerre. Elle mène une triple carrière florissante d’actrice, de chanteuse et de star de radio.

« La soif du mal », avec Marlene Dietrich : une des plus belles scènes d’ouverture de l’histoire du cinéma. Une des plus captivantes musiques d’Henry Mancini.

Elle se produit à Las Vegas et à Londres et décide d’abandonner le cinéma pour la chanson.

Envol définitif et réclusion

Les décennies suivantes, sa santé décline : opérée d’un cancer du col de l’utérus en 1965, elle souffre de problèmes de circulation sanguine, devient dépendante aux anti-douleurs et à l’alcool.

En 1975, elle quitte la scène définitivement, puis le cinéma en 1978. Jusqu’à sa mort, elle vit alors recluse dans son appartement parisien, refusant toute apparition publique.

Elle meurt en mai 1992 à 91 ans.

Pionnière de mode, éternelle glamour, anti-féministe

Sa beauté, sa voix, son magnétisme naturel, sa sophistication et sa sensualité langoureuse ont forgé son image de vamp glamour.

Pour l’Encyclopaedia Britannica , ses pantalons et vêtements masculins ont fait d’elle une pionnière et ont contribué à lancer un style de mode américaine qui a persisté jusqu’au 21ème siècle.

Dans un entretien radio en 1963 cependant, elle s’affiche contre l’émancipation féminine et rejette l’intelligence des femmes, qui amputeraient selon elle la féminité .

ANECDOTES

Marlene Dietrich a eu de nombreux amants et amantes : Jean Gabin, John Wayne, la poétesse espagnole Mercedes de Acosta Colette, Gertrude Stein, Édith Piaf, Erich Maria Remarque, James Stewart, Raf Vallone, Frank Sinatra, Yul Brynner…

En 1993, plus de 300.000 biens personnels sont remis au Land de Berlin et à la Deutsche Kinematek : 3.000 pièces de textile (dont ses costumes de scène), 15.000 photographies d’elle et 300.000 pages de documents.

BIOGRAPHIE

27 décembre 1901 : naissance de Marie Magdalene Dietrich à Berlin-Schöneberg

1922 : premiers rôles de théâtre, sous la direction notamment de Max Reinhardt

17 mai 1923 : mariage avec le réalisateur Rudolf Sieber. Naissance en 1924 de Maria Elisabeth Sieber, la future comédienne Maria Riva

1er avril 1930 : sortie du film l’Ange bleu (de Josef von Sternberg), le premier film parlant du cinéma allemand

2 avril 1930 : engagée par la Paramount Pictures, elle part à Hollywood concurrencer Greta Garbo

Mars 1937 : elle devient citoyenne américaine.

1943 – 1946 : elle chante pour les troupes américaines, au cours de plus de 500 représentations.

1947 : elle reçoit la « Medal of Freedom » pour son rôle dans l’armée américaine, puis la Légion d’Honneur (1951).

Années 1970 : dernière apparition au cabaret (1974), et au cinéma dans C’est mon gigolo (1978). Elle se retire du monde.

6 mai 1992 : elle meurt à Paris. Elle est enterrée à Berlin.