Ecrivaine prolifique, féministe et politiquement engagée, elle n’a cessé de dénoncer la condition des femmes de son temps, à travers plus d’une centaine d’ouvrages et d’écrits. Son nom de plume, son allure et ses vêtements masculins tout comme ses amours plurielles feront scandale.

Fille d’aristocrate et du peuple

Amantine Aurore Lucile Dupin naît le 1er juillet 1804 à Paris. Elle est d’origine aristocratique par son père : Maurice Dupin de Francueil, un officier dans l’armée révolutionnaire puis impériale.

Elle est d’ascendance populaire par sa mère : Sophie-Victoire Delaborde, fille d’un oiseleur.

Cette double influence sociale marquera la personnalité d’Aurore et son engagement politique. Elle a quatre ans quand son père décède lors d’une chute de cheval.

Aurore grandit à Nohant, dans le Berry. Tout d’abord avec sa mère et sa grand-mère paternelle, Marie-Aurore de Saxe.

Cette dernière s’arroge la responsabilité de l’éducation d’Aurore, qui ne verra sa mère installée à Paris que durant les saisons d’hiver et d’été.

Imprégnée des idées des Lumières, l’aïeule lui fait découvrir les écrivains et philosophes : entre autres, Rousseau, Shakespeare, Dante et Chateaubriand, Aristote, Montesquieu, Pascal et Bacon.

D’Aurore à George

A sa mort, celle-ci fait de sa petite-fille sa seule légataire, à 17 ans. De retour à Paris, Aurore fait la connaissance de François Casimir Dudevant, avocat à la cour, qu’elle épouse à 18 ans, avant de donner naissance à deux enfants, Maurice et Solange.

À 25 ans, elle écrit plusieurs récits de voyages, en Auvergne et en Espagne notamment. À 26 ans, elle rencontre et s’éprend du romancier Jules Sandeau, le rejoint à Paris, commence une carrière de journaliste au Figaro et écrit avec lui un roman : « Rose et Blanche ».

Elle adopte le costume masculin, et publie son premier roman personnel, « Indiana », qu’elle signe George Sand, en souvenir de ses racines berrichonnes, l’étymologie grecque du prénom signifiant « celui qui travaille la terre ».

Elle se sépare de son mari, le divorce n’existant pas à cette époque.

« Le bonheur, c’est le calme, c’est l’amitié; l’amour, c’est la tempête, c’est le combat. » (in Lucrezia Floriani)

Une œuvre prolifique

Pendant presque un demi-siècle, George écrira plus d’une cinquantaine de romans, et autant de nouvelles, contes et pièces de théâtre. Elle sera l’une des rares écrivaines du 19ème siècle à pouvoir vivre de sa plume.

D’abord romantiques et féministes, ses romans dénoncent les préjugés sociaux et s’affichent contre le mariage, magnifiant la femme contre le mari trompé et l’amant lâche.

Ils deviennent ensuite politiques et socialistes, inspirés des révolutions antimonarchiques de 1830 et 1848.

Ils prennent ensuite une note champêtre et régionaliste, un retour à ses racines paysannes. Ses dernières œuvres continuent à brosser la société de son temps, à travers des intrigues réalistes et d’amour.

Amours plurielles

Elle rejettera toutefois l’idée du vote et de l’élection des femmes, tant qu’elles resteront soumises civilement, dans le mariage et dans la famille.

Tout au long de sa vie, George subira les attaques misogynes de l’époque contre les auteures littéraires.

Sa vie amoureuse agitée fera aussi scandale : elle n’hésite pas à s’afficher avec ses amants, pour la plupart célèbres : Alfred de Musset, Franz Liszt, Prosper Mérimée, Frédéric Chopin, l’avocat Michel de Bourges, ou encore l’actrice Marie Dorval.

Républicaine… mais antisémite

À travers ses œuvres et ses écrits, elle marque son engagement politique, défendant les idées républicaines et la cause des ouvriers.

Elle participe aux lancements de journaux, comme « La Cause du peuple », « Le Bulletin de la République », et « l’Éclaireur de l’Indre ».

Toutefois, ses activités militantes prennent fin en juin 1848, quand la Révolution débutée en janvier, est réprimée dans le sang et fait plus de 5.000 morts. George continuera à défendre la cause des prisonniers politiques.

Mais, pour contourner la censure de la presse, elle exprime ses idées dans ses romans, sa correspondance et le théâtre.

Lors de la Commune de Paris en 1871, elle s’oppose cependant aux insurgés. Par ailleurs, elle exprimera des idées antisémites tout au long de sa correspondance et de son œuvre, dans lesquels le thème du Juif honni est récurrent.

A Noël 1849, elle rencontre le graveur et auteur dramatique Alexandre Manceau, de douze ans son cadet, qui devient son amant et secrétaire pendant quinze ans, jusqu’à sa mort de tuberculose en 1865.

George continue à écrire plusieurs pièces de théâtre et des romans, à raison de un à deux par an. Mais elle commence à souffrir de douleurs abdominales, un mal qui empirera jusqu’à sa mort à 71 ans, dans son château de Nohant.

ANECDOTES

En 1800, une loi interdit les femmes de se travestir en hommes. George a dû obtenir une « permission de travestissement », de la préfecture de police de l’Indre, pour avoir le droit de s’habiller en homme.

Deux circulaires de 1892 et 1909 autoriseront le port féminin du pantalon « si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval ». 

La loi sera enfin abrogée en 1946, les principes d’égalité entre femmes et hommes étant alors inscrits dans la Constitution.

BIOGRAPHIE

1er juillet 1804 : naissance d’Amantine Aurore Lucile Dupin nait le à Paris.

Septembre 1822 : mariage avec François Casimir Dudevant, avocat à la cour. Le couple aura deux enfants.

Août 1827 : premiers récits : « Voyage en Auvergne » et « Voyage en Espagne ».

1830 : Aurore prend « George Sand » comme nom de plume.

1831 : publication de Rose et Blanche », roman coécrit avec Jules Sandeau.

1832 : parution d’« Indiana », son premier roman.

1832 – 1876 : écriture de plus de 50 romans, ainsi que des nouvelles, des contes et des pièces de théâtres.

8 juin 1876 : décès de George au château de Nohant.