Refusant la condition des femmes dans une société américaine rigoriste, elle fuit le carcan mormon familial pour vivre une vie aventureuse, travaillant tour à tour comme cuisinière, serveuse, scout, courrier, convoyeuse de bétail, prostituée, conductrice de diligence…

Dans la pauvreté et la douleur

Martha Jane Cannary naît le 1er mai 1852 à Princeton (Missouri). Son père, Robert Wilson, joueur et prêcheur mormon, est violent et intolérant. Sa mère Charlotte travaille comme lessiveuse et se prostitue pour nourrir leurs six enfants.

La famille qui vit dans la pauvreté et le dénuement extrêmes, part en 1864 pour le Montana lieu de la ruée vers l’or.

Au cours du voyage en chariot qui dure cinq mois, sa mère meurt d’une pneumonie des lavandières. La famille s’installe finalement à Salt Lake City, siège de l’Église mormone.

En 1867, profitant de la disparition sans nouvelles de son père, elle s’enfuit avec ses frères et sœurs, se promettant une existence autre que celle de sa mère.

Libérée du carcan mormon

Arrivée dans le Wyoming, elle travaille tour à tour comme cuisinière, serveuse, fille de salle de danse, prostituée…

En 1868-1869, déguisée en homme, elle se fait engagée par l’Union Pacific et participe à la construction du chemin de fer.

Elle mène la dure vie des travailleurs du rail et parvient à se faire respecter quand on découvre qu’elle est une femme.

Pour supporter la dureté de sa vie, elle s’adonne à l’alcool et au tabac. Elle chique, blasphème et jure comme un charretier.

En 1870, elle rejoint l’armée américaine comme éclaireuse, porte l’uniforme et participe à la campagne contre les Indiens en Arizona.

« Wild » Bill, l’homme de sa vie

La même année, Martha Jane rencontre James Butler Hickok (« Wild » Bill Hickok), un marshal.

Elle l’épouse, mais ils se séparent en 1872, alors qu’elle est enceinte.

Elle vit avec sa fille dans la misère, dans une cabane au fond des bois.

Se sentant incapable d’élever son enfant de 11 mois, elle la confie à un couple fortuné. Elle reprend alors ses missions d’éclaireuse et de liaison courrier dans l’armée.

En 1875, elle est engagée comme cantinière au sein d’une expédition scientifique chargée de cartographier le Dakota du sud.

Sa notoriété commence en 1876, après sa participation à une campagne militaire contre les Sioux. Elle gagne le surnom de « Calamity Jane ».

Cette même année, elle retrouve Hickok avec qui elle se rend à Deadwood (Dakota du sud) en qualité de courrier. Quelques mois plus tard, celui-ci est tué lors d’une partie de poker.  

L’idée d’être pendue à la chemise d’un homme me rend malade.

Lettres à sa fille

En 1877 elle entame une série de lettres à sa fille, une par an pendant 25 ans, qu’elle lui destine après sa mort.

Dans celles-ci, elle souhaite que sa fille choisisse une autre vie que la sienne, et ait d’autres choix que de devenir « femme de fermier arriéré », « entraîneuse » ou « dinde de salon ».

En 1876 ou 1878, une épidémie de variole éclate à Deadwood : Martha Jane s’engage comme infirmière et soigne les malades.

Elle quitte ensuite Deadwood avec un régiment de cavalerie. Les années suivantes, elle fait un peu de prospection d’or et convoie des attelages de bœufs.

Durant les années 1880, elle travaille auprès de la Northern Pacific Railroad. Elle se marie avec William Steers, un cheminot. Ils auront une fille.

Héroïne de shows

Elle se produit ensuite dans des établissements de divertissements et dans des spectacles de Far West. En 1893 elle rejoint le spectacle de Buffalo Bill comme conteuse.

Anne Sylvestre lui a aussi consacré un album de chansons.

En 1896 elle publie son autobiographie.

Les dernières années de sa vie sont marquées par la misère. En 1901, elle est internée dans une maison pour indigents.

Une journaliste vient la chercher pour la faire participer à l’Exposition Pan Américaine de Buffalo (New York). Alcoolique et ingérable, elle est vite renvoyée.

Elle retourne à Deadwood, où elle meurt en août 1903. Elle est enterrée au cimetière du mont Moriah aux côtés de Bill Hickok.

BIOGRAPHIE

Les informations sur la vie de Martha Jane relèvent en grand partie de l’anecdote et de la légende.

1er mai 1852 : naissance de Martha Jane Cannary à Princeton (Missouri).

1865 : elle part avec sa famille pour le Montana, puis l’Utah.

1867 : elle s’enfuit avec ses cinq frères et sœurs.

1868 : déguisée en homme elle s’engage comme travailleuse du rail pour l’Union Pacific

1870 : elle rejoint l’armée américaine comme éclaireuse. Rencontre avec James Butler Hickok.

1873 : elle confie sa fille de 11 mois à une famille aisée.

1874 – 1880 : elle travaille tour à tour comme éclaireuse, courrier, convoyeuse, cuisinière, infirmière…

Septembre 1877 : elle entame une série de lettres à sa fille pendant 25 ans.

Années 1890 : elle apparaît dans divers spectacles de Far West, avec Buffalo Bill notamment.

1901 : elle est internée dans une maison pour indigents.

1903 : décès de Martha Jane. Elle est enterrée à Deadwood aux côtés de Wild Bill Hickok.

ANECDOTES

En 1876 selon la légende, Martha Jane aurait acquis son surnom de « Calamity Jane » après avoir sauvé un capitaine blessé lors d’une embuscade indienne.

Calamity Jane est l’héroïne de nombreuses œuvres de fiction cinématographiques, télévisées, littéraires, théâtrales…

Sans oublier les bandes dessinées, où elle figure aux côtés de Lucky Luke notamment.